Calcul de l’EBE (excédent brut d’exploitation)
FinancesChoisissez votre point de départ : la valeur ajoutée, avec les subventions, les impôts et taxes et les charges de personnel, ou le résultat d’exploitation. Le calculateur donne l’EBE et le taux d’EBE sur le chiffre d’affaires.
Détail du calcul
445 000 + 6 000 − 14 000 − 270 000 = 167 000,00 €
- EBE = valeur ajoutée + subventions − impôts et taxes − charges de personnel = 445 000 + 6 000 − 14 000 − 270 000 = 167 000,00 €.
- Taux d’EBE = EBE / chiffre d’affaires × 100 = 167 000 / 850 000 × 100 = 19,65 %.
Dès que toutes les valeurs sont valides, chaque étape du calcul s’affiche ici.
Formule
- EBE
- excédent brut d’exploitation, solde intermédiaire de gestion
- valeur ajoutée
- marge commerciale plus production de l’exercice, moins les consommations en provenance de tiers
- subventions d’exploitation
- les aides reçues pour l’activité courante (compte 74, sans le compte 747 pour un exercice ouvert à partir du 1er janvier 2025)
- impôts et taxes
- impôts, taxes et versements assimilés (compte 63), sans l’impôt sur les bénéfices
- charges de personnel
- salaires et charges sociales de l’employeur (compte 64)
- dotations
- dotations d’exploitation aux amortissements, dépréciations et provisions (compte 681)
- reprises
- reprises sur amortissements, dépréciations et provisions d’exploitation (compte 781) ; pour un exercice ouvert avant le 1er janvier 2025, on y ajoute les transferts de charges d’exploitation (compte 791), car le plan comptable général n’a plus de compte 79 pour les exercices ouverts à partir de cette date (règlement ANC 2022-06) ; pour ces exercices, on y ajoute la quote-part des subventions d’investissement virée au résultat (compte 747)
- autres produits et charges
- autres produits (compte 75) et autres charges (compte 65) de gestion courante, avec, pour un exercice ouvert à partir du 1er janvier 2025, les produits de cession (757) et la valeur comptable des immobilisations cédées (657)
Comment fonctionne le calcul
L’excédent brut d’exploitation (EBE) mesure ce que l’activité courante d’une entreprise dégage avant ses amortissements et provisions, avant son financement, avant ses opérations exceptionnelles et avant l’impôt sur les bénéfices. L’Insee le définit comme la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés et des autres impôts sur la production, et augmentée des subventions d’exploitation. Dans les comptes d’une entreprise, c’est un solde intermédiaire de gestion : EBE = valeur ajoutée + subventions d’exploitation − impôts, taxes et versements assimilés − charges de personnel. Le tableau des soldes intermédiaires de gestion figurait dans le plan comptable général (article 842-1) jusqu’aux exercices ouverts avant le 1er janvier 2025 ; le règlement ANC 2022-06 l’en a retiré, et le tableau proposé par l’Ordre des experts-comptables garde la même formule de l’EBE, avec les subventions du compte 74 sauf le compte 747.
Le calculateur propose deux points de départ. Avec « Valeur ajoutée », vous appliquez directement la formule ci-dessus. Avec « Résultat d’exploitation », vous remontez le compte de résultat : au résultat d’exploitation, vous ajoutez les dotations d’exploitation et les autres charges d’exploitation, puis vous retirez les reprises et les autres produits d’exploitation (et, pour un exercice ouvert avant 2025, les transferts de charges), car tous ces éléments pèsent sur le résultat d’exploitation mais n’entrent pas dans l’EBE. Le règlement ANC 2022-06 a en effet supprimé les transferts de charges et le compte 79 pour les exercices ouverts à partir du 1er janvier 2025 (application anticipée possible). Pour ces exercices, le résultat d’exploitation contient aussi la quote-part des subventions d’investissement virée au résultat (compte 747), à retirer avec les reprises, ainsi que les produits de cession d’immobilisations (compte 757) et la valeur comptable des immobilisations cédées (compte 657), à saisir avec les autres produits et les autres charges. Si les comptes sont cohérents, les deux chemins donnent le même EBE. Pour obtenir la valeur ajoutée elle-même, ou la retrouver à partir de l’EBE, voir le calcul de la valeur ajoutée. Dans l’exemple, le résultat d’exploitation est de 130 000 € et l’EBE de 167 000 €.
Le taux d’EBE rapporte l’EBE au chiffre d’affaires : EBE / chiffre d’affaires × 100. Il se lit par comparaison, d’un exercice à l’autre et avec des entreprises du même secteur, car il n’existe pas de bon taux dans l’absolu : un commerce, un atelier et un cabinet de conseil n’ont pas la même structure de charges. Un EBE négatif signifie que l’activité courante ne couvre pas ses charges décaissables, avant même les amortissements, les frais financiers et l’impôt.
L’EBE n’est pas un flux de trésorerie : il ignore les investissements, la variation du besoin en fonds de roulement, les intérêts et l’impôt. Il est proche de l’EBITDA (voir le calcul de l’EBITDA), mais l’EBITDA n’est pas un solde intermédiaire de gestion normalisé et ses retraitements peuvent différer d’une entreprise à l’autre. Le calculateur additionne et soustrait les montants saisis, sans contrôler la cohérence de vos comptes. Pour une décision de financement ou de cession, faites valider les chiffres par votre expert-comptable.
À propos de la formule
La première formule est celle de l’Insee et des soldes intermédiaires de gestion (tableau de l’article 842-1 du plan comptable général pour les exercices ouverts avant 2025, tableau de l’Ordre des experts-comptables ensuite), appliquée à la valeur ajoutée. La deuxième en est le chemin inverse : dans le compte de résultat, le résultat d’exploitation est égal à l’EBE, plus les reprises (avec les transferts de charges pour un exercice ouvert avant 2025, avec le compte 747 à partir de 2025) et les autres produits, moins les dotations et les autres charges. Il suffit de défaire ces lignes pour retrouver l’EBE.
Le taux d’EBE divise l’EBE par le chiffre d’affaires, qui doit être supérieur à zéro. Un EBE négatif donne un taux négatif. Le calculateur ne retraite rien : ni la rémunération du dirigeant, ni les éléments non récurrents.
Exemple de calcul
Quel EBE pour une valeur ajoutée de 445 000,00 € et un chiffre d’affaires de 850 000,00 € ?
- La valeur ajoutée de 445 000 € se compose d’une marge commerciale de 120 000 € et d’une production de l’exercice de 570 000 €, moins 245 000 € de consommations en provenance de tiers.
- EBE = 445 000,00 € + 6 000,00 € − 14 000,00 € − 270 000,00 € = 167 000,00 €, soit un taux d’EBE de 19,65 % du chiffre d’affaires.
- Par le résultat d’exploitation de 130 000 € : 130 000 + 45 000 de dotations + 4 000 d’autres charges − 9 000 de reprises − 3 000 d’autres produits = 167 000 €, le même EBE.
- Ces 9 000 € se composent de 7 000 € de reprises sur amortissements et provisions (compte 781) et de 2 000 € de transferts de charges (compte 791) : l’exemple décrit un exercice ouvert avant 2025. Pour un exercice ouvert à partir du 1er janvier 2025, il n’y a plus de transferts de charges : saisissez les reprises plus la quote-part des subventions d’investissement virée au résultat (compte 747), et comptez les produits de cession (757) et la valeur comptable des immobilisations cédées (657) dans les autres produits et les autres charges.
Avec une valeur ajoutée de 445 000,00 €, 6 000,00 € de subventions d’exploitation, 14 000,00 € d’impôts et taxes et 270 000,00 € de charges de personnel, l’EBE est de 167 000,00 €, soit un taux d’EBE de 19,65 % pour un chiffre d’affaires de 850 000,00 €.
Reprendre l’exemple dans le calculateurQuestions fréquentes
Qu’est-ce que l’excédent brut d’exploitation ?
L’excédent brut d’exploitation (EBE) est un solde de gestion qui mesure la richesse dégagée par l’activité courante avant les amortissements et provisions, les produits et charges financiers, l’exceptionnel et l’impôt sur les bénéfices. Pour l’Insee, il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés et des autres impôts sur la production, et augmentée des subventions d’exploitation.
Comment se calcule l’excédent brut d’exploitation ?
EBE = valeur ajoutée + subventions d’exploitation − impôts, taxes et versements assimilés − charges de personnel. Avec 445 000 € de valeur ajoutée, 6 000 € de subventions, 14 000 € d’impôts et taxes et 270 000 € de charges de personnel, l’EBE est de 167 000 €. Autre contrôle pour un exercice ouvert avant 2025 : la somme des comptes 70 à 74 moins celle des comptes 60 à 64 donne le même résultat.
Comment calculer l’EBE à partir du chiffre d’affaires ?
Partez du chiffre d’affaires, ajoutez la production stockée et immobilisée, retranchez le coût d’achat des marchandises vendues et les autres consommations (matières, achats et charges externes) : c’est la valeur ajoutée. Ajoutez ensuite les subventions, retranchez les impôts et taxes et les charges de personnel. Exemple : 850 000 + 20 000 − 180 000 − 245 000 = 445 000 € de valeur ajoutée, puis un EBE de 167 000 €.
Quelle est la différence entre l’EBE et le résultat d’exploitation ?
Le résultat d’exploitation tient compte des dotations aux amortissements et provisions, des reprises (et, pour un exercice ouvert avant 2025, des transferts de charges), des autres produits et charges de gestion courante et, pour un exercice ouvert à partir de 2025, de la quote-part des subventions d’investissement virée au résultat (747) et des cessions d’immobilisations (757 et 657), que l’EBE laisse de côté. Dans l’exemple, l’EBE est de 167 000 € et le résultat d’exploitation de 130 000 € : 167 000 + 9 000 + 3 000 − 45 000 − 4 000.
Quelles différences entre l’EBE et l’EBITDA ?
Les deux mesurent la performance de l’activité avant amortissements, financement et impôt, et on les rapproche souvent. L’EBE est un solde intermédiaire de gestion normalisé, calculé à partir de la valeur ajoutée (tableau du plan comptable général jusqu’aux exercices ouverts avant 2025, de l’Ordre des experts-comptables ensuite). L’EBITDA est un indicateur anglo-saxon non normalisé, dont les retraitements (participation des salariés, éléments non récurrents) varient d’une entreprise à l’autre. Le calcul de l’EBITDA part du chiffre d’affaires et des charges.
Quel est le bon taux d’EBE, et comment savoir si mon EBE est bon ?
Il n’existe pas de bon taux d’EBE valable pour tous : il dépend du secteur, de la taille et du modèle économique. Pour juger votre EBE, comparez le taux d’EBE (EBE / chiffre d’affaires) d’un exercice à l’autre et avec des entreprises comparables, puis vérifiez que l’EBE couvre les remboursements d’emprunt, les investissements et la rémunération de l’exploitant. Un EBE négatif est toujours un signal d’alerte.
À quoi sert le calcul de l’excédent brut d’exploitation, et pourquoi calculer l’EBE ?
L’EBE sert à mesurer la rentabilité de l’activité courante sans l’effet du financement, de l’impôt et des amortissements, donc à comparer des exercices ou des entreprises. Les banques le regardent pour juger la capacité à rembourser un emprunt, et il sert de base à plusieurs méthodes d’évaluation lors d’une cession.
Quand calculer l’EBE, et quand est-il utile de le calculer ?
Au moins à chaque clôture, avec les soldes intermédiaires de gestion, pour suivre l’évolution de l’activité. Il devient particulièrement utile avant une demande de prêt, pour un business plan, lors de la reprise ou de la vente d’une entreprise, et chaque fois que vous voulez comparer deux exercices ou deux activités sur la même base.
EBE : quel est le calcul et quel coefficient appliquer pour la vente d’un fonds ?
Le calcul est celui de la formule ci-dessus. Il n’existe pas de coefficient officiel : les professionnels de la cession appliquent un multiple de l’EBE, souvent après retraitements (rémunération normale du dirigeant, charges exceptionnelles). Ce multiple varie fortement selon le secteur, la taille, la rentabilité et l’emplacement, et il se négocie. Ce calculateur ne donne pas de valeur d’entreprise : faites-la estimer par un expert-comptable ou un évaluateur.
L’EBE peut-il être négatif ?
Oui. Un EBE négatif apparaît quand la valeur ajoutée, augmentée des subventions, ne couvre pas les impôts et taxes et les charges de personnel. L’activité courante consomme alors de la trésorerie avant même les amortissements, les frais financiers et l’impôt. Avec 50 000 € de valeur ajoutée, 3 000 € d’impôts et taxes et 80 000 € de personnel, l’EBE est de −33 000 €.
L’EBE est-il la même chose que la capacité d’autofinancement ?
Non. La capacité d’autofinancement (CAF) part de l’EBE, mais tient aussi compte des produits et charges financiers, exceptionnels et de l’impôt sur les bénéfices. L’EBE se situe avant ces éléments, c’est pourquoi il est en général supérieur à la CAF d’une entreprise endettée et imposée.